Comment soutenir la classe moyenne?

Samuel Bendahan, député – Opinion parue dans le 24heures du 15 mars 2017

Le problème du concept de «classe moyenne» est que c’est un fourre-tout. Dans plusieurs études récentes dans des pays de l’OCDE, il s’est avéré que près de 90% des personnes interrogées déclaraient en faire partie! Rien de plus facile pour tenter de plaire à (quasi) tout le monde, il suffit de se décréter champion de la classe moyenne. Souvent, les mesures concrètes proposées ont un effet très différent des attentes légitimes de cette très forte proportion de la population. Les réalités de ces 90% de gens sont extrêmement différentes. Il n’existe aucune mesure sociale ou fiscale qui répondra de façon parfaite aux attentes de tous les ménages avec leurs problèmes très spécifiques.

Il faut donc élaborer les politiques publiques en se focalisant sur des injustices précises. Il n’est pas normal qu’une personne qui décide de travailler gagne au final moins d’argent à cause de frais de garde ou de cumul de nouvelles charges. Il n’est pas juste que les primes d’assurance-maladie excessives écrasent certains ménages. Il est inacceptable qu’après avoir travaillé, certains couples n’aient pas une retraite suffisante pour vivre décemment. Tout le monde peut être dans une telle situation, à un moment ou un autre.

Pour savoir si une mesure est efficace il faut déterminer à quel point elle règle les problèmes, sans pour autant dépenser de précieuses ressources à côté de la cible.

Prenez par exemple l’initiative des Jeunes libéraux-radicaux vaudois sur la déduction des primes d’assurance-maladie. D’un côté, des ménages vont bénéficier d’une baisse d’impôt. Du fait de la progressivité de l’impôt, plus les ménages sont riches, plus ils seront gagnants. De plus, dans le même texte, les initiants augmentent fortement les impôts des ménages bénéficiant de subsides aux assurances-maladie. Pour plusieurs ménages de la classe moyenne inférieure, cela se traduira par une augmentation de la facture de plusieurs centaines de francs. Il s’agit d’un arrosage, mais en plus avec l’eau des pauvres.

Il est possible de faire mieux et moins cher, sans péjorer la situation de la classe moyenne inférieure. Des exemples de mesures de ce type ont d’ailleurs été adoptés par le gouvernement vaudois et seront mis en place. Limiter les primes d’assurance-maladie pour qu’elles ne dépassent pas une part du revenu, soutient spécifiquement les ménages qui sont assommés par ces primes. En augmentant les allocations familiales, on soutient justement les ménages qui passagèrement ont particulièrement besoin de pouvoir d’achat. Les investissements dans des structures de garde permettent aux ménages de la classe moyenne de rester actifs. C’est ciblé, ça marche, et c’est dans cette direction que nous devons aller.

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