Interpellation – Sécurité publique, quel est le plan ?

Interpellation déposée par Benoît Gaillard, conseiller communal, le 13 février 2018. 

Le maintien d’un niveau de sécurité acceptable sur l’espace public est une priorité partagée qui avait fait partie des thèmes principaux de la campagne des élections communales de 2016. La dernière statistique policière de la criminalité, publiée au printemps 2017 et portant sur l’année précédente, ne laissait pas entrevoir d’aggravation générale de la situation. Elle faisait néanmoins apparaître une hausse des dénonciations liées à la Loi sur les stupéfiants, qui peuvent naturellement refléter une augmentation des actes répréhensibles, mais aussi une augmentation de l’activité policière visant à les réprimer.

Le document La criminalité à Lausanne en chiffres. Tendances et évolution 2011-2015 publié le 8 juillet 2016 ne dit rien, quant à lui, de la question spécifique du trafic de drogue et des phénomènes qu’il génère, se concentrant sur les questions importantes que sont aussi les cambriolages, les actes violents et les vols dans l’espace public. Or, la question n’a pas manqué de ressurgir depuis le début de la législature, des représentants de plusieurs quartiers, souvent populaires, de la ville, ayant fait connaître un sentiment de ras-le-bol face au deal de rue et à ses conséquences – on peut penser, notamment, au quartier de la Riponne et du Tunnel, ou à celui de Chauderon, de l’av. de France et de la rue du Maupas.

Alors que la Municipalité avait publié, en 2013 et en 2015, des plans d’actions de sécurité publique portant à chaque fois sur deux ans et posant des priorités stratégiques et des objectifs, il n’existe plus de tel document qui soit valable à partir de début 2017. Sans surestimer le rôle d’un plan d’action de ce type, on peut affirmer qu’il permet de marquer des priorités politiques claires. Ainsi, le plan 2015-2016 mettait la lutte contre le deal de rue et les cambriolages « au cœur des priorités ».

Dans la perspective de l’ouverture du lieu de consommation sécurité de drogues, la Municipalité s’est engagée à prendre toutes les mesures – préventives, sociales et policières – pour que cette nouvelle prestation se traduise par un changement concret pour les citoyens et commerçants qui subissent, notamment, les effets négatifs d’une scène de la drogue à ciel ouvert. Le 19 janvier 2018, M. Hildbrand affirmait dans les colonnes d’un quotidien que « l’objectif est de pratiquer une tolérance zéro face à la consommation de drogues dans d’autres lieux », tout en ajoutant, dans le même article, qu’ « éradiquer le deal n’est pas réalisable »[1]. Précédemment, il avait annoncé un dispositif de patrouilles renforcé dans le quartier de la Riponne et du Tunnel et en avait ensuite tiré un bilan favorable[2].

Par ailleurs, la Municipalité n’a pas détaillé ses intentions plus précisément à l’échelle de la ville dans son ensemble, et en particulier des autres quartiers touchés.

Nous posons les questions suivantes à la Municipalité :

  • Quelle appréciation la Municipalité fait-elle de la situation du deal de rue et des nuisances qu’il représente pour les passants, les habitants et les commerçants ?
  • Quelles sont aujourd’hui les priorités assignées à la police ?
  • Faut-il comprendre des propos susmentionnés que la lutte contre le trafic est jugée secondaire par rapport à la lutte contre les petits consommateurs (ce qui constituerait une inversion marquante des priorités admises jusqu’ici) ?
  • Quelles sont les intentions de la Municipalité pour concrétiser les engagements pris dans le cadre du vote sur le lieu de consommation sécurisé de drogues ?

[1] https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/La-drogue-dicte-toujours-sa-loi-a-la-Riponne/story/30147551

[2] http://www.24heures.newsnetz.ch/vaud-regions/lausanne-region/patrouilles-police-dealers-marche/story/12890242

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