Interpellation urgente- Avoir fait l’armée : un atout pour commander la Police de la Ville de Lausanne ?

Interpellation urgente déposée par Thanh-My TRAN-NHU, conseillère communale, et consorts, le 22 mai 2018. 

Sur le site Internet de la Ville de Lausanne figure actuellement une offre d’emploi de « Commandant du Corps de Police de la Ville de Lausanne[1] ». A cet égard il est relevé que le fait d’avoir fait son service militaire serait un « atout » . Cette note confirme la vision militaire de la police et tombe en plein débat sur le côté militariste de l’école de Savatan[2].

Par ailleurs, force est de constater que cette exigence discrimine également indirectement les femmes ; celles-ci n’étant pas astreintes au service militaire.

Il est d’ailleurs piquant de relever que c’est la seule annonce qui n’utilise pas le langage épicène de toutes les offres d’emploi de la Ville de Lausanne.

Le fait d’avoir fait l’armée est aussi un avantage, qu’on soit homme ou femme, lorsqu’on s’intéresse à une carrière dans la police. En effet, les conditions de recrutement à l’école de police sur le site de la Ville de Lausanne stipulent :

« […] si apte au service, obligation d’avoir terminé son école de recrue avant le début de l’école de police. Si inapte au service, possibilité de se présenter tout de même au concours d’admission pour l’école de police . »[3]

Outre l’aspect péjoratif du terme « tout de même », cette malheureuse formulation sème aussi le doute quant à une réelle nécessité d’avoir fait ou non l’armée, puisque ce n’est qu’en cherchant dans la FAQ des candidatures à l’école de la police du canton que l’on comprend qu’il faut être « astreint au service »[4]

Ainsi, tant l’offre d’emploi susmentionnée que les conditions requises telles que rédigées sur le site de la Ville de Lausanne entretiennent la perception d’une police hostile à l’inclusion de personnes souffrant d’un handicap les rendant « inaptes » au service au militaire et des femmes dans le corps de police.

La police cantonale de Genève a nommé une commandante qui n’est ni policière de carrière ni une militaire[5], ce qui démontre le caractère désuet d’une telle exigence.

 

Fondé-e-s sur ce qui précède, nous souhaitons poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. En quoi avoir fait l’armée est-il un atout pour être commandant-e de la police de Lausanne?
  2. Le fait d’avoir fait l’armée reste-t-il un atout si le-la candidat-e a fait son armée dans un pays étranger ?
  3. Le grade ou l’affectation à l’armée revêt-il de l’importance ?
  4. Qui a décidé de l’inclusion de cette condition ?
  5. Pourquoi cette annonce n’a pas été rédigée en langage épicène ?

 

Pour le groupe socialiste : Thanh-My Tran-Nhu & Aude Billard

Pour le groupe des Verts : Alice Genoud & Xavier Company

Pour le groupe Ensemble à Gauche : Pierre Conscience & Alain Hubler

 

[1] http://www.lausanne.ch/lausanne-officielle/offres-d-emploi/liste-offres-d-emploi/detail-offre-d-emploi.html?jobId=pj13086

[2] http://www.publidoc.vd.ch/guestDownload/Objet.pdf?path=/Company%20Home/VD/CHANC/SIEL/antilope/objet/GCCE/In terpellation/2018/03/651576_18_INT_151_Objet_20180404_1373900.pdf

[3] http://www.lausanne.ch/lausanne-officielle/administration/securite-et-economie/police-de-lausanne/un-job-a-la-police/format ion-aspirants-de-police/conditions-d-engagement.html

[4] http://www.policier.ch/menu/faq

[5] https://www.rts.ch/info/suisse/1110259-la-police-genevoise-a-une-cheffe.html

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