Conseil communal

Mardi, 12 avril 2011

Interpellation urgente: Société Alpiq, quel financement de partis politiques ?

Rebecca Ruiz – déposée le 12 avril 2011

En décembre 2008, la société Alpiq a été constituée suite à la fusion d’EOS et d’Atel. La Ville de Lausanne possède une participation de 20,06% dans la société EOS Holding (EOSH) qui détient elle-même 31,38% de la société Alpiq.

Le Groupe Axpo (lui-même constitué de Axpo SA et des Forces motrices de Suisse centrale) et les Forces motrices bernoises et Alpiq travaillent de concert, notamment à traver une société tripartite, à la planification de la construction de deux nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Après la catastrophe de Fukushima, la Conseillère fédérale Doris Leuthard a annoncé le gel des procédures d’autorisation. Cependant qu’Axpo affirme « soutenir »[1] ce gel, Alpiq se montre en revanche nettement plus mesuré, expliquant simplement « prendre acte »[2] de la décision des autorités.

Au-delà de cette relative tiédeur, on apprend par d’autres moyens qu’Alpiq avait, en quelque sorte, de quoi être déçu. Dans le Blick du 4 avril, le secrétaire général du PDC suisse, M. Tim Frey, confirme une information du Sonntagsblick de la veille : « oui, nous recevons de l’argent d’[Alpiq] »[3]. Dans le journal dominical, le responsable de la communication d’Alpiq est lui aussi cité : « Andreaz Werz le dit sans détours : “Alpiq soutient des partis politiques, tout comme d’ailleurs d’autres organisation sociales, culturelles et sportives“. L’entreprise électrique ne souhaite cependant pas révéler combien elle verse à qui. Une chose est certaine : le PS et les Verts ne reçoivent rien. Le PBD n’obtient pas davantage d’argent. »[4].

Seul le PDC a confirmé recevoir de l’argent d’Alpiq. PLR et UDC se sont refusés à toute confirmation ou infirmation. Il est cependant permis de penser que le choix des partis financés n’est en l’occurrence pas étranger à leur position sur le nucléaire, ce qui permettrait de confirmer l’hypothèse du Blick selon laquelle les trois principaux partis bourgeois sont concernés.

Dans ce contexte, je souhaite poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité est-elle au courant de ces pratiques de financement de partis politiques par Alpiq ?
  2. Quelle est la position de la Municipalité à propos de telles pratiques ?
  3. De quelle façon la Municipalité compte-t-elle défendre la neutralité de l’entreprise Alpiq vis-à-vis des partis politiques?

[1] Communiqué d’Axpo du 14 mars 2011 : « Axpo unterstützt Sistierung des Verfahrens für Rahmenbewilligungsgesuche »

[2] Communiqué d’Alpiq du 14 mars 2011 : « Stellungnahme von Alpiq zur Sistierung der laufenden Rahmenbewilligungsverfahren »

[3] Blick du 4 avril 2011.

[4] Sonntagsblick du 3 avril 2011.

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