Actualité et Démocratie
Jeudi, 2 mai 2013« Il est temps de remettre le monde à l’endroit ! »
Lors du défilé du 1er mai 2013 à Lausanne, Ada Marra, conseillère nationale, a prononcé le discours suivant:
« La justice fiscale et sociale. Voilà un mot pour lequel il faut se battre plus que jamais. Et il faut l’associer avec le mot dignité. Parce qu’il est indigne en Europe de se faire expulser de son logement parce qu’on arrive plus à le payer. Parce qu’il est indigne de devoir vivre avec 500 euros par mois. Parce qu’il est indigne de voir s’ouvrir un peu partout en Europe les soupes populaires.
L’Europe est en crise, écrasée par des plans d’austérité décidés par ceux qui s’en tirent mieux que les autres. L’Europe est en crise parce que le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne s’est pas construire sur la solidarité sociale et fiscale. L’économie américaine et européenne est en crise parce qu’elle s’est développée dans une financiarisation galopante. Où les entreprises ne servent plus à produire. Où des travailleuses et des travailleurs veulent mettre leur compétence et leur savoir faire au service de la société. Mais où il n’y a plus d’entreprises, sacrifiées sur l’autel de la spéculation et des actionnaires.
La Suisse n’est pas à l’abri de ce qui se passe en Europe. Et la pression sur les travailleurs se fait sentir. Les cas de sous-enchère salariale sont récurrents. Des entreprises licencient bien qu’elles fassent des bénéfices pour plaire aux actionnaires, d’autres se font racheter par des groupes étrangers qui se comportent comme des voyous. Prenons l’exemple de Boillat au Jura, Novartis dans le canton de Vaud, mais plus récemment de la Providence à Neuchâtel.
La paix sociale n’est possible que si le travail et les droits des travailleuses et travailleurs sont respectés. Pour respecter le travail qui est un droit, il faut changer de logique. Ce ne sont plus les actionnaires qui doivent décider de nos destins, mais les employé-e-s de chaque boîte qui doivent pouvoir participer aux décisions stratégiques de l’entreprise. Il faut mettre une limite à l’accumulation avide de certains et repenser le partage. Dans les salaires et dans le travail. C’est pourquoi l’initiative de la jeunesse socialiste repense le système d’accumulation afin de le freiner. Le plus haut salaire ne doit pas être 12 fois supérieur à celui du plus bas. Cela fait partie des initiatives qui passeront en votation populaire et qui ont fait tomber un tabou en Suisse. Celui des salaires.
Alors les 4000.- de salaire minimum que les syndicats et les partis de gauche exigent, ce n’est pas la révolution. C’est un droit. C’est le mimimum qu’un travailleur est en droit d’attendre pour son travail. Le patronat lui plébiscite les conventions collectives de travail. Mais où sont ces conventions quand on sait que seuls 40% des travailleurs en bénéficient en Suisse ? Quand on sait que plus de 150’000 salaires sont en dessous de 4000.-. Qu’il est des métiers, comme celui des vendeurs et des vendeuses dans le commerce du petit détail, qui rêvent d’obtenir un salaire pareil. Et au lieu de les protéger, la majorité de droite de ce pays souhaite libéraliser les horaires d’ouvertures des magasins et étendre le travail du dimanche. On nous a annoncé deux jours avant le 1er mai, comme par hasard, que le pouvoir d’achat des travailleurs a augmenté. Il aurait été bon de nous le mettre en parallèle avec d’autres statistiques. 1 travailleur sur 22 est un working poor en Suisse. Quelqu’un qui malgré son travail n’arrive pas à joindre les deux bouts. Il y a 900’000 pauvres dont 250’000 enfants. Et la rétribution trop basse n’est évidemment pas étrangère à cette situation.
Des coalitions sont en train de se former afin de lutter pour le droit des travailleurs et des travailleuses. Des coalitions des partis politiques en passant par les Eglises. Il faut encourager ce large éventail. Parce que l’histoire a montré que seule l’union fait la force. Parce que des mesures de protection comme le salaire minimum est désormais indispensable face à la trahison de la paix sociale par le patronat.
Pour résumer, il est temps de remettre le monde à l’endroit !
Alors vive les travailleurs, vive le travail, vive la justice sociale ! »