Interpellation – Agir pour le climat en mettant les voyages d’étude sur les bons rails ?

Stéphane Montangero, député – Interpellation déposée le 11 mars 2019

Depuis plusieurs semaines, les manifestations de jeunes pour le climat s’intensifient, en Suisse, mais aussi à l’étranger. Dans notre canton, elles ont rencontré un franc succès et ce qui pouvait apparaître comme un épiphénomène est désormais considéré à sa juste valeur, soit comme un cri d’alarme d’une jeunesse qui veut que l’on agisse enfin pour lutter contre le dérèglement climatique, afin de garantir un futur. Ils nous montrent l’exemple à suivre, nous interpellent directement, s’invitent à la table de discussion et ont bien raison. Car un réchauffement de 2 ou 3 degrés Celsius aura de graves conséquences sur la biodiversité, les écosystèmes, la santé et les infrastructures du pays comme du canton.

Ces jeunes, notamment gymnasien-ne-s, élaborent des catalogues de revendications et proposent des pistes d’action. Ils veulent des actes, pas de bla-bla. A cette volonté d’avancer rapidement dans des actions concrètes, notre système a tendance à opposer systématiquement un cadre rigide, des renvois aux coûts, à la faisabilité, à une certaine « réalité », etc.

Nous estimons qu’au contraire, loin de faire les choses à la place des jeunes, il convient de préparer le terrain pour que les discussions puissent se passer sur des bases constructives et non pas les renvoyer dos-à-dos avec les acteurs étatiques. Pour bien pouvoir entendre les jeunes, pas seulement les écouter poliment, il convient d’avoir une posture d’ouverture et de prise en considération de leurs revendications. A cette fin, des bases chiffrées fournies de manière proactive, des informations permettant de dresser un bilan actuel, permettent sans nul doute d’abaisser le seuil de part et d’autre et de faciliter discussion et décisions.

Ainsi, nous relayons une des préoccupations concrètes apparues dès le début de ce mouvement : questionner les voyages d’études en avion. Limiter ou interdire les voyages d’études en avion serait une mesure simple, qui permettrait de limiter les émissions de CO2 mais également d’inciter à un mode de vie davantage respectueux de l’environnement. Les prix des trajets en avion étant aujourd’hui meilleur marché que les voyages en train, par exemple, de telles mesures dans les lieux de formation du Canton auraient évidemment des conséquences financières importantes.

En conséquence, nous posons au Conseil d’Etat les questions suivantes :

  • Considérant comme année de référence 2017 ou 2018, quel a été le montant total des coûts des voyages en avion effectués par les jeunes dans le cadre scolaire post-obligatoire ?
  • Globalement, quels seraient les coûts supplémentaires des camps si le train était systématiquement choisi à la place de l’avion ?
  • Quelles solutions et pistes le Conseil d’Etat envisage-t-il pour compenser cette différence de prix ?
  • Quel cadre peut être imaginé pour que les lieux de formation impliquent davantage les jeunes dans le choix du mode de transport pour leur voyage d’études ?
  • Plus largement, le Conseil d’Etat entend-il avancer dans l’état d’esprit susmentionné, à savoir une posture d’ouverture et de prise en considération de leurs revendications ?

Nous remercions par avance le Conseil d’Etat pour ses réponses.

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